La thermorégulation - VOTRE super-pouvoir !

Juin 2017

Comment sommes-nous capables de courir sous la chaleur de L.A., nager entre la France et l’Angleterre, ou survivre à un accident dans les Rockies ? Grâce à la thermorégulation ! Derrière ce mot barbare se cache la capacité de notre corps à constamment s’adapter à la situation pour nous maintenir à la bonne température. Notre capacité à thermoréguler n’est pas qu’un gadget du corps humain. C’est un véritable super-pouvoir, dont l’importance peut être critique dans certaines conditions.

Nombre de nos organes vitaux, comme notre cerveau, notre cœur ou encore nos reins, fonctionnent à une température d’environ 37°C (98.6 °F). Quelques degrés de plus ou de moins peuvent causer du stress sur ces organes et les empêcher de fonctionner correctement. Sans notre capacité à thermoréguler notre propre corps, une heure de promenade à allure modérée dans un parc pourrait provoquer un évanouissement. Mais l’être humain est capable de nager dans des eaux froides, de faire le Tour de France en plein mois de juillet, et survivre à des accidents dans des situations extrêmes. Nous sommes capables de survivre à ces situations car notre corps a développé des défenses naturelles contre cet environnement menaçant.

Pour commencer, le corps est constamment en train de produire de la chaleur. Chaque être vivant produit de la chaleur tout au long de sa vie, à chaque mouvement et même lorsque notre corps se repose durant la nuit. Chaque mouvement supplémentaire crée encore plus de chaleur. Pour éviter la surchauffe, le corps doit se débarrasser de cet excédent de chaleur, et la transmettre à l’environnement sous peine d’augmenter sa température et donc celle à laquelle les organes fonctionnent de manière optimale. Lorsque nous produisons de la chaleur, notre cerveau envoie un signal à notre corps pour que les vaisseaux sanguins cutanés et de nos mains et pieds s’ouvrent. Le résultat ? Le débit sanguin cutané augmente, pouvant atteindre jusqu’à 8L par minute (deux gallons) ! Une quantité importante de chaleur est évacuée de cette façon. Et quand cela n’est pas suffisant, le corps transpire… beaucoup. 

Notre peau et nos vêtements finissent par être totalement gorgés de transpiration, qui, en s’évaporant, nous refroidit. La sueur qui tombe au sol, elle, ne fait que refroidir le sol !

Le corps réagit de la même façon pour se défendre en environnements froids, puisque l’afflux sanguin est aussi modifié. Il est réduit au minimum dans les zones où il n’est pas strictement nécessaire : les extrémités. Nos mains et nos pieds deviennent froids et inconfortables, mais en retour, la chaleur est maintenue autour des organes vitaux. Si la température continue de chuter, nos muscles commencent à se durcir et finissent par présenter des contractions courtes, incontrôlables. C’est le frisson. Cette sensation désagréable peut nous limiter dans l’accomplissement d’autres tâches, mais permet cependant de produire de la chaleur et ainsi nous aider à rester en vie.

Mais la meilleure arme pour nous défendre contre les conditions environnementales reste notre comportement. Nous recherchons l’ombre lorsqu’il fait chaud, et à l’inverse un endroit qui peut nous réchauffer en conditions froides. Nous adaptons le nombre de couches de vêtement (parfois sans s’en rendre compte) et le type de textiles que nous portons pour un meilleur confort. Sans ce comportement et le contrôle de l’afflux sanguin, nous serions constamment entre deux états : transpirer ou frissonner.

La thermorégulation est essentielle pour notre survie. Elle est nécessaire pour effectuer des performances, aller au bout de challenges qui repoussent nos limites, ou encore rester bien confortablement installés chez nous ou au bureau. La thermorégulation est un vrai super-pouvoir, et la bonne nouvelle c’est que chacun d’entre nous le possède !